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Joseph PERLAU
(Bruxelles, 1809 – Paris, 1860)

 

Le passage du gué

Huile sur toile
Signée en bas à gauche
38 x 47,5 cm

 

Joseph Perlau appartient à l’école des paysagistes belges du deuxième quart du XIXème siècle, perpétuant une tradition initiée par Henri-Joseph Antonissen (1737-1794). Ces tableaux se reconnaissent à leur douce lumière et à un mélange de paysage classique animé par la présence plus ou moins dominante d’animaux, essentiellement des vaches et des moutons.

C’est à l’occasion du Salon de Bruxelles de 1836 que Joseph Perlau se fait remarquer, tout comme ses deux confrères Marneffe et Verwée. Comme Marneffe, c’est davantage un paysagiste alors que Verwée est plus un animalier. Les deux paysages composés que Perlau expose lui valent d’ailleurs les louanges de l’écrivain et historien de l’art Louis Alvin dans son compte-rendu du Salon: il souligne notamment ses « arrière-plans à la fois vaporeux et pleins d’air et de lumière ». On va même jusqu’à comparer Perlau à Claude Gelée dit le Lorrain, pour son sens aigu de la composition. On lui reconnaît un excellent dessin et des qualités de coloriste, tout en lui reprochant peut-être un manque de fermeté dans la touche.

Les œuvres de Perlau présentent un caractère poétique, et sont empreintes de calme et d’une forme de gaieté.

On retrouve ce côté quelque peu riant dans notre tableau avec une petite scène anecdotique: le jeune berger, souriant et amusé, incite son chien, légèrement apeuré, à s’engager dans l’eau pourtant paisible de la rivière. La petite chute d’eau, très finement peinte, amène une forme d’agitation en contrepoids à la sérénité parfaite de la scène.

Notre tableau présente une certaine proximité avec des œuvres du peintre genevois Adam-Wolfgang Töpffer (1766-1847), lui-même fortement influencé par l’enseignement de Valenciennes. A côté de cette ambiance néo-classique, on y perçoit également des réminiscences plus lointaines des atmosphères italianisantes des pastorales de Berchem, ou plus proches de certaines compositions de Jean-Jacques de Boissieu, lui-même adepte de Berchem.

Il est possible que les figures animales aient été peintes par Verboeckhoven, qui collaborait souvent aux œuvres des artistes de son entourage.

Ce peintre au talent si prometteur exposa encore trois tableaux à l’Exposition Nationale des Beaux-Arts de Bruxelles en 1839, avant qu’on en perde ensuite la trace en tant qu’artiste. Son adresse se situait au 20 boulevard de l’Observatoire à Bruxelles. Ses œuvres furent acquises par le célèbre collectionneur bruxellois de l’époque, Van Becelaere.

Le Musée Royal des Beaux-Arts acquit en 1850 une grande toile, réalisée à quatre mains avec Verboeckhoven (Inv 1184).

Category
M - P, Paysages, PERLAU, Tableaux