About This Project

Joseph Pierre Tancrède LATOUR
(Noé, 1806 – Toulouse, 1863)

 

Vue du pont Saint-Martin de Tolède et de la Cathédrale de Ségovie, Espagne

Huile sur panneau
Signé et daté en bas à droite
44,5 x 73 cm
1854

 

Artiste paysagiste peu courant sur le marché de la peinture – plus connu pour ses dessins, Joseph LATOUR est né tout près de Toulouse, à Noé, le 17 avril 1806. Fils d’un fabricant de chandelles, il a une vocation précoce pour le dessin. Très tôt mis en apprentissage, il dessine tout ce qu’il peut et acquiert ainsi un dessin rapide, nerveux et acquiert réelle une sensibilité pour la description de la nature, son premier élément d’inspiration.

 

Pris en main par un oncle de Toulouse, le jeune garçon entre à l’École des Beaux-Arts en 1825 pour la quitter quatre ans plus tard. Féru de musique, de peintures et meubles anciens, entouré d’amis et d’élèves, ce peintre participe aux expositions toulousaines ou régionales dès 1829 mais jamais aux Salons parisiens. Célébré régionalement de son vivant (plusieurs fois médaillé au Salon de Toulouse), mais complètement oublié pendant la première moitié du XXème siècle, LATOUR hésita souvent dans sa peinture entre un réalisme anecdotique et un romantisme exacerbé. Mais il fut avant tout précurseur dans l’aventure de la peinture de plein air.

 

A Toulouse, il enseigne le dessin à l’Institution des Feuillants tenue par les Dames de Saint-Maur et, très vite, son atelier de la place des Carmes est un autre rendez-vous de la jeune aristocratie toulousaine.

LATOUR affectionne particulièrement la région de Luchon. D’ailleurs, une partie de ses dessins sur le Pays de Luchon furent lithographiés par ses soins chez Constantin à Toulouse.

 

Les élèves de LATOUR – Maxime LALANNE, Jacques Raymond BRASCASSAT, Charles de SAINT FELIX, Eugène FIL, Eugène de MALBOS, Jules de LAHONDES ou encore Louise de CARAYON-TALPAYRAC – font profiter les expositions toulousaines des fruits du déplacement de l’atelier en plein air et de sa peinture romantique.

 

LATOUR voyagea en Hollande, mais surtout en Espagne, pays qui fut pour lui source d’inspiration comme notre tableau peut en témoigner. Notre composition comporte des éléments hétéroclites issus de ses différents voyages aux environs de Madrid, à savoir le pont Saint Martin de Tolède enjambant le Tage de ses cinq arches et au loin sur la gauche un grand édifice religieux représentant la cathédrale de Ségovie amputée de sa tour clocher.

 

C’est dans le domaine du paysage d’après nature que LATOUR va exceller C’est ce qui lui donne aujourd’hui sa place parmi les précurseurs de la peinture de plein air. L’abbé de LA TOUR alla jusqu’à affirmer que « les DAUBIGNY, les COURBET, les BIDA, les COROT, les ROUSSEAU, et autres (…) lui accordaient toujours au moins deux jours » quand ils « allaient aux Pyrénées étudier les grande nature sur les lieux ».

 

Doté d’une réelle force technique à travers son coup de crayon et son sens de la composition, son supplément d’âme reste sa sensibilité à la nature. Pour chaque paysage, LATOUR ajuste son angle de vue de façon à magnifier le site tout en lui conservant son authenticité.

 

Son œuvre évoque une création « heureuse » qui, par sa vérité, donne à LATOUR sa place auprès des grands paysagistes du XIXème siècle.

 

Joseph LATOUR décède des suites d’un accident de voiture le 1er mars 1863. Il lègue se collection à son frère et à sa fidèle domestique qui disperseront tout aux enchères, ceci expliquant les lacunes constatées aujourd’hui dans la pleine connaissance de son œuvre L’artiste repose au cimetière de Terre Cabade à Toulouse, ville où, selon son propre aveu, il se « trouvait cent fois mieux qu’un poisson dans l’eau ».

 

Musées : Montpellier (Mus. Fabre), Toulouse (Mus. Paul-Dupuy), Gaillac, Lourdes…

 

Vendu

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I - L, LATOUR, Paysages, Tableaux